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Duverger Anne-Clémence
Géographie
Axe(s) de recherche :
Dynamiques, gouvernance et durabilité des territoires insulaires
Sociétés insulaires d’Océanie : héritages, mutations et recompositions

Sujet de thèse : "Systèmes de mobilités et de transports inter-îles en Nouvelle-Calédonie et au Vanuatu"
Débutée en 2016
Direction : Pr. B. Rigo (CNEP)
Co-direction : J. Lombard (DR IRD, UMR PRODIG/Paris1)
Co-encadrant : G. Pestana (CNEP)

CONTEXTE

L’Océanie, espace fragmenté, émietté, marqué par l’insularité, a de tout temps été caractérisée par la mobilité de ses populations. Cette mobilité était et demeure un élément vital pour des insulaires. La littérature spécialisée a toujours démontré que développement et mobilités sont intimement liés, ce qui ne fait qu’accentuer les enjeux d’une étude sur les transports et les mobilités.

En Nouvelle-Calédonie, la thématique des mobilités est plus que jamais au cœur des préoccupations. Le principe du « droit à la mobilité » est régulièrement avancé (NC-2025, 2013 : 41). En témoigne la volonté de mettre en place un schéma de transport et de mobilité qui doit permettre de donner de la cohérence, de l’efficience, aux infrastructures et à l’offre de transport en Nouvelle-Calédonie à différentes échelles. Le Schéma d’Aménagement et de Développement de la Nouvelle-Calédonie (NC-2025) a montré tout l’intérêt d’une démarche prospective et ouverte. Afin de soutenir cet objectif et d’ouvrir un espace de réflexion, plusieurs Forum des mobilités ont été organisés (2013, 2015,2016). La recherche en sciences sociales peut et doit aider les acteurs et les décideurs à disposer des éléments d’analyse susceptibles d’éclairer les enjeux, les problématiques, les pratiques des différentes catégories d’usagers.

Aujourd’hui, l’impulsion politique donnée par les Accords a réellement permis à l’ensemble du Territoire de se doter d’un niveau d’infrastructure relativement correct pour un pays encore en construction, que ce soit dans le domaine des transports terrestres, maritimes ou encore aériens (notamment à travers l’apport financier des contrats de développement). Mais il n’existe pas à l’heure actuelle une vision globale des mobilités, ce qui freine la mise en place de l’intermodalité dans cette politique d’équipement. Les réseaux de transport restent caractérisés par leur discontinuité et la segmentation fonctionnelle du service. Malgré les importants investissements et subventions, les demandes croissantes des usagers peinent à être satisfaites. Des conflits entre les divers acteurs des transports émaillent la vie sociale et économique de la Nouvelle-Calédonie. La définition des compétences entre les différentes institutions n’est pas simple et démontre les enjeux de l’intermodalité et de l’interterritorialité. Enfin, les questions de rentabilité ne sont pas résolues et restent à analyser au regard des objectifs politiques assignés aux transports, objectifs qui n’ont pas encore été clairement énoncés faute d’un diagnostic complet sur les transports et les mobilités et faute d’un schéma dédié à ces thématiques et partagé par les acteurs.

Cela soulève des questions dans la perspective d’un développement durable du territoire. En effet, les transports sont les supports du désenclavement de tous les espaces du Territoire soumis à des problématiques d’insularité, de discontinuité terrestre et maritime. Ils doivent permettre d’assurer une continuité territoriale, afin de garantir l’égal accès des populations aux différents services publics et privés et aux différentes ressources. Les déplacements et les moyens de transports associés sous-tendent une partie importante de l’équité sociale et économique.
Ainsi, au sein de la question fondamentale des mobilités en Nouvelle-Calédonie, celle des mobilités inter-îles est une des plus importantes. Elle concerne l’ensemble du Territoire et chacune des trois provinces : la province des Îles (îles Loyauté), la province Sud (île des Pins, île Ouen) et la province Nord (Bélep). Cette thématique sera au cœur du projet scientifique soumis.

PROJET SCIENTIFIQUE

Etudier les déplacements et transports inter-îles
L’étude des mobilités actuelles entre les diverses îles de l’archipel, nous permettra d’analyser les déplacements de population, leurs ampleurs et leurs trajectoires dans l’espace géographique. Pour cela on analysera la diversité des usagers, donc la diversité de leur besoins, de leurs projets, de leurs motivations individuelles et collectives. Il ne s’agira pas seulement de décrire les mobilités mais de comprendre qui en sont les acteurs et quelles sont leurs objectifs. On étudiera aussi leurs pratiques et fréquences de déplacement. En effet, la fréquence structure fortement les pratiques et les formes de mobilités. Il s’agira aussi de comprendre les « motilités » néo-calédoniennes, c’est-à-dire leur potentiel de déplacement, la manière dont les acteurs construisent leur champ du possible en matière de déplacements, notamment par l’appropriation des systèmes techniques de communication et de transport (Kaufmann V. et Jamelin C., 2004). Ainsi on analysera les liens entre la capacité de déplacement des insulaires, leurs besoins et l’offre de transport, afin de donner un sens nouveau aux transports et mobilités néo-calédoniennes. En appréhendant les relations inter-îles par le prisme de la géographie, cela contribuera à identifier les causes d’enclavement de certaines populations et d’appréhender leurs problèmes de développement.
Il s’agira aussi de mieux examiner la notion de « droit à la mobilité ». En effet, le droit à la mobilité sous-tend la continuité territoriale, notion qui est encore soumise à de nombreuses difficultés dans l’Outre Mer français et notamment en Nouvelle-Calédonie.

L’articulation des lieux et des territoires de vie par les transports
L’une des « entrées » de l’étude consiste à s’intéresser à la dimension spatiale des territoires des mobilités et des réseaux de transports et leur articulation à diverses échelles. En effet, l’approche spatiale propre à la géographie nous permettra d’identifier les territoires de vie de la population, les relations et interdépendances : l’interterritorialité créée par les insulaires via leurs déplacements et l’utilisation des systèmes de transports. Mais également de comprendre comment s’articulent les diverses échelles territoriales. En effet, jusqu’à aujourd’hui l’attention s’est portée seulement sur les transports, il est important désormais qu’une recherche en sciences sociales s’intéresse également aux personnes et aux territoires et donc pas uniquement à la partie logistique des mobilités.

Mettre en relief les forces, faiblesses et opportunités des mobilités inter-îles néo-calédoniennes à travers la comparaison avec le Vanuatu
Ce travail de doctorat souhaite également étudier le cas du Vanuatu afin d’apporter un éclairage à la situation néo-calédonienne. Sous certains aspects le Vanuatu connaît des problématiques communes puisqu’il s’agit d’un archipel. Il y existe une concurrence entre les différents moyens de transport, les relations inter-îles sont difficiles. En effet, le Vanuatu est un pays où le soutien public au transport est sans commune mesure avec celui qui existe en Nouvelle-Calédonie. Ainsi, cette comparaison permettrait d’éclairer utilement les spécificités du cas néo-calédonien tout en montrant l’enjeu des investissements comme des politiques de soutien aux déplacements de la part des pouvoirs publics. Le fonctionnement des transports en Nouvelle-Calédonie étant subventionné, le cas Vanuatais où l’aide publique est inexistante permettra de mettre en exergue l’impact des subventions sur le fonctionnement du secteur. De plus l’insertion du Vanuatu dans cette étude mettra en relief les pratiques de déplacement qui relèvent des spécificités océaniennes.

Approche anthropologique et comparative des mobilités
En recoupant les informations des deux espaces nous pourrons identifier les mobilités propres aux populations et espaces océaniens insulaires. En effet, il existe localement une culture particulière de la mobilité décrite par Joël Bonnemaison comme des mobilités « circulaires », un phénomène caractéristique des insulaires océaniens : des flux de retour vers les espaces périphériques demeurent, sans que les causes ne soient réellement identifiées. On comprend ainsi que les mobilités océaniennes ne sont donc pas réductibles au phénomène d’exode rural tel que décrit en Europe. Nous pourrons ainsi développer une approche anthropologique du développement, en intégrant les pratiques locales, les stratégies des acteurs dans le contexte du développement (O. De Sardan, 2001). L’étude comparée des mobilités propres aux sociétés océaniennes permettrait d’avoir une réflexion locale et enrichie pour une approche territoriale du développement, mais également de faire le lien entre les déplacements et le niveau de développement des pays. L’un des intérêts des comparer la situation néo-calédonienne et celle du Vanuatu est de comprendre les rôles des divers acteurs impliqués (public/privé/mixte) mais surtout d’apprécier les politiques locales concernant les transports inter-îles, du point de vue, notamment, de leur efficacité et de leur efficience dans des contextes financiers forts différents (aides importantes dans le cas néo-calédonien et aides nulles ou très faibles dans le cas vanuatais). Cela devrait permettre de montrer les avantages et les inconvénients des aides et des dispositifs, et ainsi de clarifier les défis qui se posent sans tomber dans des visions caricaturales et partielles.


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